7 commentaires

Gilles,
Quelle bonne idée que de proposer ce schéma. C'est édifiant. Les orientations prises ces dernières années ne profitent qu'à une infime catégorie... je vous laisse deviner qui sont les grands gagnants de cette super "loterie" ! Seul ombre au tableau, que ce soit la sécurité sociale ou les complémentaires santé, l'argent vient toujours de la même poche sans aucune contrepartie de la part du corps médical. Pour exemple : la liberté d'installation qui aboutit à créer des zones appelées "déserts médicaux", installations en secteur 2, ce qui signifie des dépassements d'honoraires... Combien de temps encore ce modèle pourra-t-il perdurer ?

Je pense qu'une expression populaire, de nature quasi révolutionnaire, accompagnant une démarche concertée des complémentaires santé visant à réduire, tel un ultimatum, les remboursements serait à envisager.

DT, Délégué MGEN région Alsace Lorraine Champagne Ardenne
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Bonjour,
Ce qui manque cruellement aujourd'hui, c'est un vrai débat de société, , qui pose clairement et simplement les enjeux de la santé en France, de manière à ce que le citoyen puisse formuler démocratiquement ses choix.

Les données sont connues et simple à comprendre :

1- Chaque année depuis au moins 70 ans, les dépenses de santé augmentent plus vite que la richesse globale = le poids de la santé dans le PIB est passé de 4 à 12% en 60 ans. Pour être concret un Français, au cours de sa vie va générer plus de 300 000 € de dépenses de santé en moyenne !

2- Cette augmentation des dépenses est essentiellement liée aux progrès médicaux et à leur diffusion = on dépense plus, mais on vit de plus en plus vieux.

3- Ces constats sont identiques dans tous les pays "riches", ce n'est pas une exception Française.

4- Si nous voulons continuer à vivre bien et de plus en plus vieux, la question que doivent trancher les citoyens est donc la suivante : qui doit payer les coûts de la santé et les augmentations futures ?

Dans les faits, ce choix a déjà été fait par les gouvernement successifs : la priorité est de réduire les déficits publics et d'améliorer la compétitivité des entreprises françaises par la baisse des charges sociales. Cela se traduit mécaniquement par une stagnation, voir une baisse de la solidarité nationale en matière de santé (Assurance maladie obligatoire) et donc tout aussi mécaniquement par un transfert vers les complémentaires santé, donc vers les ménages. Le risque évident, c'est l'accroissement des inégalités face à la santé. La difficulté, à mon avis, c'est de trouver le point d'équilibre entre des nécessités contradictoires, entre compétitivité et solidarité...

Bon débat,
David

Gilles, Président de la section MGEN du Morbihan
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Gilles, Président de la section MGEN du Morbihan

Bonjour à toutes et tous,
L'exposé fait par David est très intéressant et clair. Il pose d'emblée le décor et cependant il me semble qu'il oublie au moins une problématique...
En effet, si vivre de plus en plus vieux est une vérité pour nous autres Français, il n'en demeure pas moins que selon certaines enquêtes, l'allongement du vieillissement ne s'accompagne pas toujours d'un vieillissement en bonne santé, loin de là !
Par conséquent, il me semble que dans ce débat, il ne faut pas mettre de côté cet aspect car il génère à lui seul, d'énormes dépenses de santé. Dans le cadre de ces dépenses de santé engendrées par une augmentation de la dépendance (cf. Infographie du Monde), je ne peux m'empêcher d'évoquer aussi le recrutement nécessaire de milliers d'aides soignants, d'infirmiers, de médecins et de personnels travaillant dans les EHPAD !
L'OMS avait, en 2015, rendu un rapport optimiste et des propositions (cf. Infographies 1 et 2 jointes). Peut être serait-ce la base d'une discussion complémentaire ?
Au plaisir de vous lire et d'échanger...

DT, Délégué MGEN région Alsace Lorraine Champagne Ardenne
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Salut Gilles,
Merci pour ton commentaire. Ma contribution s'appuie sur les travaux de l'économiste de la santé Brigitte Dormont. En gros si l'impact du vieillissement n'est pas nul, il est faible en comparaison de l'effet des nouvelles techniques médicales et de leur diffusion. Le moment de la vie où les dépenses de santé explosent, c'est la fin de vie, particulièrement les 6 derniers mois : ce qui coûte cher, ce n'est pas de vieillir, c'est de mourir... et comme on meurt plus souvent vieux que jeune, les dépenses de fin de vie viennent "artificiellement" gonfler les coûts de la santé des plus âgés. L'allongement de la durée de la vie ne signifie pas forcément hausse inconsidérée des coûts.
Cela dit il est vrai que les personnes vieillissent souvent avec une ou plusieurs maladies chroniques (diabète, hypertension...), mais grâce aux soins et aux traitement ces personnes "malades" vivent bien : Il y a 40 ans, elles seraient mortes.
Personnellement, je pense que ça vaut franchement le coup de payer pour rester vivant (tout en profitant encore de la vie). La question est donc : Sommes-nous d'accord pour payer plus pour vivre plus ? Si oui, qui va payer ?

David

Merci Gilles pour tes infos.
Elles aident à comprendre.
David est utile à nous tous, citoyens, comme il le dit si bien, et comme il est utile lorsque il nous invite à ce point d'équilibre, c'est à dire à un point de rupture.