6 commentaires

Bonjour,
Merci à gégé de lancer le débat.
Je vous propose un petit rappel historique :
En France, 2 500 personnes donnent chaque année leur corps à la science. Encore, serait-on tenté de dire, les progrès réalisés par la science pouvant laisser croire que cette pratique est devenue obsolète. Or, la médecine n'a jamais eu autant besoin de corps pour tester les nouvelles techniques médicales et chirurgicales.
Ce n'est que vers le milieu du XIXe siècle et grâce à la perte d'in-fluence de la religion que l'étude des cadavres devient acceptable en France. C'est d'ailleurs à cette date que naît la clinique hospitalière, fille aînée de la médecine moderne, avec Laennec et Broussais. À la fin du XIXe siècle, les premiers dons de corps sont effectués à la faculté de médecine de Paris. Il s'agit de malades décédés à l'hôpital. Jusqu'alors, les cadavres étaient volés dans les cimetières la nuit ou bien les médecins utilisaient ceux des suppliciés, considérés comme non sacrés. Au début du XXe siècle, les corps des indigents non réclamés par les familles vont à l'École de chirurgie.
Aujourd'hui, la science a plus que jamais besoin de corps. C'est ce que déclare le Dr Pascal Frileux, di¬recteur scientifique de l'École de chirurgie de Paris, qui permet à des chirurgiens, débutants ou confirmés, de parfaire leur formation. « On a besoin d'expérimenter de nouvelles pratiques chirurgicales sans compter que les technologies modernes nécessitent de procéder à des repérages, explique-t-il. On doit tester la cœlioscopie, l'arthroscopie et les mettre au point sur le corps humain. Notamment en neurochirurgie, en urologie et en orthopédie pour que ces techniques soient moins invasives. » Les parties les plus utilisées sont les muscles, les artères, le cœur, les vaisseaux, la peau et la face.

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Bonjour à toutes et à tous,
Bonjour Gégé, bonjour Oliver,
Je viens d'écouter une interview sur la chaîne de radio Europe 1 avec comme invitée Sylviane Agacinski . La philosophe nous présente quelques pistes de réflexion relatives notamment aux droits de l'homme .
J'envisage de me procurer son livre "Le tiers corps" pour y voir plus clair .
En l'état actuel des choses, j'ai tendance à penser que la loi ne doit pas s'affranchir de la notion de libre arbitre et ne doit plus se servir du présupposé comme quoi la personne décédée est présumée accepter le prélèvement d'organes si elle n'a pas explicitement refusé cette hypothèse .
Je rejoins la position de Sylviane Agancinski qui verrait volontiers enregistrer sur la carte vitale l'acceptation ou la non acceptation des prélèvements d'organes.
De manière plus élargie, voyons déjà quelle est notre liberté de décider de notre "fin de vie" . Quid de l'euthanasie ou du suicide assisté aujourd'hui en droit français ? Qu'en est-il de la réalité de la dignité humaine lors des moments ultimes ? Il est nécessaire que nous avancions sur ces sujets dans le cadre de la bioéthique .
Certes, la chirurgie a progressé grâce à des chirurgiens comme Ambroise PARE, opérant sur les corps dépourvus de vie des indigents . Où se situe la reconnaissance de la Science à l'égard de ces personnes démunies dans tout cela ? L'histoire ne risquerait-elle pas de se répéter avec une sélection, de fait, selon des critères économiques et sociaux ?
Aujourd'hui, dans certains pays, la pratique de vente d'organes est encadrée par l'Etat . Inutile de dire qu'il ne s'agit pas des Etats les plus humanistes .
Gégé, pour revenir à vos propos, il faut en effet soutenir au mieux les conditions de célébrations choisies par le défunt quelles qu'en soient les formes .
Le terme de choix est primordial à mes yeux .
Cordialement

Bonjour à tous,
Je vois avec plaisir que ce débat prend bien et qu'il suscite des réactions et des prises de position. C'est bien !
Personnellement, je retiendrai 2 choses différentes dans les propos de Fan.
Premièrement, l'idée de la fin de vie décente que chacun veut obtenir pour lui-même et ses proches (ne les oublions pas).
Deuxièmement, les dons d'organes et leur encadrement par une loi, un organisme indépendant ou toute autre structure digne de confiance et indépendante des lobbies de pression.
Je pense que Gégé voulait en premier lieu parler du don de son corps et non de ses organes en particulier. Ce don du corps sert aux étudiants en médecine pour se former et c'est très bien. Je suis personnellement favorable à cette conception. Cependant, Gégé interpellait MGEN pour savoir si les frais de transport du corps pouvaient être pris en charge par la mutuelle. Pourquoi pas ? Il faut en discuter.
Pour la fin de vie, je suis personnellement pour que le débat soit clairement ouvert sur les choix qui sont les nôtres actuellement. Fan, à juste titre, pose la bonne question : quand la France permettra-t-elle à ses citoyens de pouvoir choisir de mettre fin à leur vie de façon assistée ? Je parlais tout à l'heure des proches et cette question n'est pas anodine bien évidemment car elle la maladie a des répercussions sur l'ensemble de l'entourage du malade.
Même si la discussion est close, je vous renvoie à ce lien que j'avais initié en avril 2017.
Au plaisir d'échanger !
https://nousmgen.mgen.fr/feedbacks/159294-fin-vie-decente

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Bonjour à toutes et à tous,
Bonjour Gege,
Sauf erreur, on doit pouvoir léguer son corps à la Science et pourquoi pas à la Faculté de Médecine via des dispositions testamentaires .
Il appartient à chacun d'exprimer ses volontés de manière expresse pour ne pas laisser subsister de doute notamment vis à vis de sa famille .
Du point de vue juridique, cette disposition ne devrait pas soulever d'objections .
Cordialement

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Dans le cadre des sujets "périphériques" m'apparaît la question de la reconnaissance ou non du testament lié à l'adhésion à l'A.D.M.D. (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité).
En effet, l'adhérent désigne une personne de confiance qui a pour mission de faire valoir les choix qui sont les siens pour sa fin de vie et notamment l'absence d'acharnement thérapeutique .
En l'état actuel des textes, on peut douter de la possibilité de mettre en oeuvre les dispositions du "testament" A.D.M.D..
Cordialement

Bonjour à toutes et tous,
Il me revient en mémoire mon cours de philosophie de Terminale littéraire où nous avions très longuement débattu avec ma professeure sur l'ADMD. Cette professeure était elle-même membre de cette association et elle nous avait fait partager ses opinions dans un débat ouvert et difficile à aborder dans cette société de 1987.
Fan, les idées de l'ADMD sont les miennes et je considère effectivement que notre époque n'est pas encore assez ouverte aux choix que nous serions toutes et tous en droit de faire. Depuis 30 ans, malgré les différentes lois promulguées, il ne me semble pas que nous sommes allés aussi loin que ce qu'il était possible de faire.
Chacun d'entre nous devrait pouvoir avant sa mort, au travers d'un testament conforme et authentifié, faire savoir ce qu'il souhaite pour lui-même et son entourage. Pour revenir au débat ouvert par Gégé, notre mutuelle doit pouvoir faire avancer les choses en la matière comme elle l'a fait par le passé sur le sujet brûlant et tellement symbolique du droit à l'avortement.