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Candide

Dieu existe, j’ai marché dedans.
. Les croyants pensent et disent volontiers que, faute de les partager, les incroyants doivent respecter leurs croyances. D'ailleurs pendant des siècles, ils ont exigé et obtenu des pouvoirs publics que les blasphémateurs soient punis et les libres penseurs ont à l'occasion payé de leur vie leur irrévérence. Et l'on sent parfois que certains regrettent cette époque, comme on l'a vu par les propos qu'ont tenus les autorités religieuses chrétiennes et musulmanes au moment des deux affaires du film de Martin Scorcese, La dernière Tentation du Christ et du livre de Salman Rushdie, Les Versets sataniques.
Pour un peu nos évêques auraient exigé que les pouvoirs publics prissent des mesures et fissent voter des lois pour interdire que l'on plaisantât de la religion. Mais j'ai observé en même temps, avec une certaine satisfaction, qu'au lieu d'invoquer d'abord, comme ils n'auraient pas manqué de le faire autrefois, le respect dû à dieu, nos évêques préféraient parler surtout du respect dû aux hommes. Encore un peu de temps et l'on verra la religion catholique, c'est-à -dire la religion qui se prétend, qui se veut universelle, la religion dont la vocation est de devenir la religion de tous les hommes, invoquer, pour exiger qu'on la respecte, son droit à la différence.
Mais prétendre qu'il faut respecter les croyances par respect pour les hommes qui les partagent est parfaitement absurde. En effet, puisqu'il n'y a évidemment de croyances que parce qu'il y a des hommes qui les partagent, toutes les croyances seraient donc respectables, et c'est d'ailleurs ce que beaucoup de gens, et parfois même des incroyants, n'hésitent pas à proclamer. Une telle proposition est pourtant tout à fait insoutenable, puisqu'il faudrait alors respecter non seulement toutes les religions, mais toutes les superstitions, toutes les fausses sciences et toutes les idéologies, fussent-elles les plus pernicieuses et les plus monstrueuses, fussent-elles les plus directement contraires aux droits de l'homme.
....... Il faut, bien sûr, respecter les croyants en tant qu'hommes. On peut même respecter, non pas toutes les raisons qui les poussent à croire, car beaucoup (le conformisme, la crédulité, la paresse intellectuelle) ne sont aucunement respectables ; mais certaines des raisons qui les poussent à croire, notamment celles qui poussent un Pascal à croire, et que l'incroyant peut parfaitement comprendre, puisque lui aussi se pose des questions et lui aussi aimerait avoir des réponses.
Mais l'incroyant ne saurait, sans être inconséquent avec lui-même, respecter en elles-même les croyances de quelque religion que ce soit. Car enfin, quoi que puissent dire un Roland Barthes et d'autres barbacoles déboussolés, les mots ont un sens et c'est même leur raison d'être. Il convient donc de rappeler d'abord ce qu'est le « respect ». Bien qu'elle soit un peu longue, ou plutôt parce qu'elle est un peu longue, la dé©finition que donne le Robert est sans doute la plus précise : « sentiment qui porte à accorder à quelqu'un une considération admirative en raison de la valeur qu'on lui reconnaît et à se conduire envers lui avec réserve et retenue, par une contrainte acceptée ». Le mot s'applique ici aux personnes, mais, bien sûr, le Robert ne manque pas d'indiquer ensuite qu'il peut aussi être appliqué à une chose.
On le voit, il suffit de rappeler le sens du mot « respect » pour se rendre compte qu'en demandant aux incroyants de respecter leurs croyances, les croyants leur demandent quasiment de renoncer à être des incroyants. A moins de ne plus se respecter lui-méme, l'incroyant ne saurait respecter ce qu'il considère comme des âneries; il ne saurait reconnaître de la valeur et accorder une considération admirative à des croyances qui ne sont, à ses yeux, que des sornettes; il ne saurait accepter de s'incliner et d' ôter son chapeau, alors qu'il éprouve une irrésistible envie de hausser les épaules. Demander à l'incroyant de respecter les croyances, cela revient quasiment à lui demander d'admettre qu'il a tort d'être incroyant, à lui demander d'admettre qu'il devrait adhérer à des croyances dont il dénonce l'absurdité.
René Pommier.
Mais monsieur Pommier est un philosophe. Moi je tiens que les croyances ne sont que des nuisances qui empêchent de penser droit.
D'ailleurs tout est dans le mot qui les désigne: une "croyance". Tout est dit, non?

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Candide
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